Perspectives
IA, sécurité d'emploi et théâtre de productivité
Moins d’un travailleur sur 4 estime que son emploi est à l’abri de l’IA.\n\nMais je ne pense pas qu’ils aient peur de la bonne chose.\n\nJe conseille des entreprises qui naviguent exactement dans ce moment-là. Je discute avec des vice-présidents et des directeurs qui me disent qu’ils s’inquiètent du « déplacement ». Mais lorsque je creuse un peu, la peur ne vient pas vraiment d’une machine qui fait leur travail.\n\nLa peur, c’est qu’une machine révèle à quel point leur travail n’a jamais été nécessaire.\n\n## La vraie crise que personne ne nomme\n\nC’est la vraie crise que personne ne nomme. Ce n’est pas la FOBO — la peur de devenir obsolète. C’est la peur d’être exposé.\n\nPendant des années, des rôles entiers ont été gonflés par le théâtre de productivité. La personne qui passe 20 heures à « préparer » une présentation qui ne débouche que sur une seule décision. Le gestionnaire dont la fonction principale est de faire suivre des courriels avec la mention « des avis ? ». L’analyste qui reformate le même rapport chaque lundi pour que la direction puisse y jeter un coup d’œil et hocher la tête.\n\n## Le théâtre de productivité\n\nL’IA ne menace pas ces gens parce qu’elle peut faire leur travail. L’IA les menace parce qu’elle fait en 30 secondes ce qui leur prenait 30 heures — et tout le monde peut le voir maintenant.\n\nVoici ce que j’ai remarqué dans les entreprises qui s’y prennent bien : les gens qui n’ont pas peur ? Ils n’ont jamais rien eu à cacher. C’étaient eux qui faisaient la vraie réflexion, bâtissaient de vraies relations, prenaient les décisions qui faisaient réellement avancer l’entreprise. Le théâtre leur a toujours bloqué le chemin.\n\n## Mesurer les heures plutôt que l’impact\n\nL’IA n’a pas créé ce problème. Des décennies de mesure des heures plutôt que de l’impact l’ont fait. L’IA a simplement rendu la chose impossible à ignorer.\n\nLa question n’est pas de savoir si l’IA prendra votre emploi.\n\nC’est de savoir si vous faisiez le travail — ou si vous le jouiez.